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, Abdelatif, Traffic Controller

Quel a été votre parcours professionnel ?

Chimiste de formation, j’ai finalement travaillé dans des secteurs très variés : vendeur puis responsable dans un magasin de prêt-à-porter, gestionnaire de clientèle dans un service de téléphonie mobile, professeur dans une école de devoirs …. C’étaient toutes des expériences professionnelles intéressantes mais, après quelques années, j’avais envie de trouver un emploi stable, pour moi et pour ma famille.

Comment devient-on traffic controller à la STIB ?

J’ai envoyé une candidature spontanée à la STIB. J’avais déjà entendu parler des traffic controllers dans des conversations entre des amis conducteurs, mais je ne connaissais pas le métier. Et justement, on m’a proposé de rentrer comme traffic controller au tram ou au métro. Après avoir passé les tests, j’ai commencé ma formation au dispatching métro.

Un métier difficile ?

Un métier difficile, oui, mais passionnant, surtout ! On dit en général qu’il faut entre 6 mois et 2 ans pour « avoir fait le tour » de tout ce qui peut arriver sur le réseau et qu’il faut pouvoir gérer. C’est d’ailleurs pour cela qu’au départ, le « nouveau » fait de la régulation, c’est-à-dire s’assure que l’offre de transport est bien remplie, que les fréquences sont respectées. Ce n’est qu’après avoir acquis de l’expérience qu’on devient traffic controller. Et aujourd’hui, je suis très heureux de faire partie de l’équipe ! Etre traffic controller, c’est un métier à deux facettes en quelque sorte : traffic controller la journée et traffic controller la nuit. Car le métro ne dort jamais, contrairement à ce que les voyageurs pourraient croire ! La journée, le traffic controller assure la gestion de l’exploitation du réseau avec les voyageurs mais, la nuit, il veille aux ouvriers présents sur les nombreux chantiers qui se font hors période d’exploitation, pour ne pas perturber le trafic des voyageurs. Comme je dis souvent : « que ce soit la journée ou la nuit, chaque personne qui entre dans nos installations est une responsabilité en plus ». C’est cela, mon métier tous les jours, assurer la sécurité des personnes et des biens.

Un métier stressant mais qui vous plaît ?

Oui un métier qui parfois peut être stressant, mais un stress stimulant. En effet, en plus de gérer le trafic en temps réel, il faut gérer tous les événements soudains qui perturbent le réseau, tout en garantissant la sécurité des conducteurs et des voyageurs, mettre en place des déviations, faire dépanner un métro, fluidifier le trafic… Les incidents qu’il faut gérer sont multiples et les interventions aussi ! C’est pourquoi, pour être traffic controller, il faut savoir prendre des décisions - rapidement, avec un métro toutes les 2 minutes et demi en heure de pointe ! -, savoir travailler en équipe, avoir le sens des responsabilités, savoir communiquer rapidement mais en étant précis et, bien sûr, savoir gérer son stress pour être efficace. Aujourd’hui, cela fait 12 ans que je suis traffic controller et je ne viens jamais travailler avec les pieds de plomb. J’adore mon métier, l’ambiance de travail avec les collègues et les conducteurs... Et je suis fier, à une époque où les questions de mobilité sont plus que jamais au centre des débats, d’être un des acteurs de cette mobilité, d’être utile aux voyageurs et à la société.

Avez-vous un souvenir en particulier ?

Oh des souvenirs, des anecdotes, j’en ai des tas ! Chaque jour est différent, il y a toujours quelque chose qui se passe. Je me souviens, un soir, en toute fin de service, je reçois un appel depuis une borne d’appel située en station. La personne au bout du fil ne parle pas, ce ne sont que des bruits incompréhensibles. Je raccroche, la personne rappelle, ce sont toujours des bruits bizarres. Il y avait de fortes chances que ce soit un mauvais plaisantin, comme cela arrive hélas souvent, mais pas de place à l’interprétation ou à une quelconque routine dans notre métier, j’ai envoyé une équipe sur place. Il s’est avéré qu’il s’agissait d’un enfant sourd d’une dizaine d’années, qui était perdu depuis trois jours et ne savait pas parler. Notre intervention a permis de le ramener à ses parents.

 

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