Amal, Risk & Safety Manager

Depuis 15 ans, Amal Kammachi veille à la sécurité du réseau tram en tant que Risk & Safety Manager. Un rôle central, au croisement de l’analyse, du terrain et du travail collectif. « Mon travail consiste à analyser les accidents avec les collaborateurs et à identifier des pistes d’amélioration concrètes pour renforcer la sécurité ferroviaire sur notre réseau notamment dans le cadre de projets de réaménagement », explique-t-elle. « Je travaille avec de nombreux partenaires, aussi bien au sein de la BUT que dans l’ensemble de la STIB et avec des partenaires externes comme Bruxelles Mobilité. Je passe beaucoup de temps entre les différents sites trams et sur notre réseau, ce qui rend la fonction très dynamique. » 

Ce contact permanent avec le terrain et les équipes la motive. « C’est un poste qui m’amène à rencontrer énormément de personnes. Et même après 15 ans, il continue d’évoluer. On n’a jamais l’impression de faire deux fois la même chose. » 

Si Amal a choisi un parcours technique, c’est aussi en lien avec son environnement familial. Elle est la plus jeune d’une fratrie de cinq enfants, dont quatre ont suivi des études d’ingénieur. « J’ai une grande différence d’âge avec mes frères et sœurs. Quand j’étais petite, je les voyais beaucoup étudier. Ça m’a naturellement donné envie de suivre la même voie. » Dès le secondaire, elle choisit les mathématiques et les sciences. 

Et, au moment de choisir ses études supérieures, c’est une discussion avec l’un de ses frères qui a fait la différence : « Il m’a expliqué que le métier d’ingénieur est suffisamment vaste : on peut suivre le parcours général, puis affiner sa spécialité au fil du temps. Ça m’a rassurée, cela d’autant qu’à 18 ans les jeunes ne savent pas toujours quelle voie prendre. J’ai donc opté pour des études d’ingénieur industriel en électromécanique, comme lui. » 

À l’ECAM, Amal évolue dans des auditoires largement masculins, une réalité fréquente dans les filières techniques. Avec le recul, elle constate que cette situation a peu évolué au fil des années. « Aujourd’hui encore, les études scientifiques et techniques attirent davantage d’hommes que de femmes, alors que les compétences, elles, sont bien présentes des deux côtés. » 

Dans sa vie professionnelle, Amal reconnaît un défi fréquent : celui d’oser prendre sa place en réunion. « Les femmes sont souvent très polies. On laisse la parole. Les hommes la prennent… et parfois la gardent. Il faut apprendre à s’imposer en douceur. » Une compétence qu’elle a développée avec l’expérience : cadrer les échanges, distribuer la parole, encourager ceux qui n’osent pas s’exprimer. « Certaines personnes ont d’excellentes idées mais n’osent pas parler, les communiquer. Ce conseil vaut d’ailleurs aussi pour un jeune collègue qui débute, quel que soit son genre. » 

Contrairement aux clichés, le métier d’ingénieur n’est pas qu’une affaire de chiffres et de calculs. « On pense souvent que tu vas être un expert dans ton coin. En réalité, tu dois avoir une vraie fibre sociale. Tu rencontres beaucoup de gens, tu vas sur le terrain, tu essaies de concilier des points de vue divergents pour, in fine, trouver des pistes de solution à mettre en place sur le terrain. » 

Son message aux jeunes femmes qui hésitent encore à se lancer dans les sciences est clair : « Si un garçon peut le faire, une fille aussi.»

Fière de son parcours, Amal résume les clés pour s’épanouir dans un métier technique : respect, confiance et affirmation de soi. « Va sur le terrain, pose tes questions – aucune question ne vaut pas la peine d’être posée –, construis ton opinion et prends la parole. Il faut trouver ta place. Cela prend du temps mais c’est à la portée de tout le monde. » 

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